Entre début février et début mars, les trois zones scolaires de l’Hexagone se relaient pendant quatre semaines de vacances d’hiver. Cette période tombe en plein carême, la saison sèche des Antilles, celle que tout le monde vise. Les vols vers Pointe-à-Pitre se remplissent tôt et les maisons les mieux situées sont réservées des mois à l’avance. Pour ceux qui ne dépendent pas du calendrier scolaire (couples sans enfants, jeunes retraités, indépendants, parents de tout-petits), la question n’est donc pas de partir « en basse saison », mais de repérer les semaines où le climat reste bon et où la pression retombe.
Le carême, une belle saison découpée en morceaux
Le carême court à peu près de janvier à avril. Les alizés soufflent régulièrement, l’air est moins lourd qu’en été, les averses se font plus rares et plus brèves, et la mer descend rarement sous 26 °C. Sur le papier, ces quatre mois se valent. Dans les faits, ils sont hachés par trois périodes de forte demande : les fêtes de fin d’année, les vacances d’hiver, puis celles de printemps, qui s’étalent sur avril et parfois jusqu’au début mai.
Entre ces blocs, il reste des creux. Ce sont eux qu’il faut viser, et ils sont plus larges qu’on ne le croit.
Janvier et mars, les deux fenêtres du carême
La première s’ouvre au lendemain des vacances de Noël et court jusqu’à la fin janvier. Le carême est installé, les familles sont rentrées et le carnaval commence. En Guadeloupe, il démarre traditionnellement à l’Épiphanie ; les dimanches de janvier et de février sont rythmés par des défilés, et les groupes à po comme Akiyo ou Voukoum font résonner les rues au son des tambours et des conques de lambi. Pour qui aime la fête, c’est la plus belle période de l’année. Pour qui cherche le calme, mieux vaut loger à l’écart des bourgs.
La seconde fenêtre, souvent la plus intéressante, se glisse entre la fin des vacances d’hiver de la dernière zone, début mars, et le début des vacances de printemps, en avril. Selon les années, cela représente quatre à six semaines de carême franc, avec des journées un peu plus longues qu’en janvier et une végétation qui commence à jaunir sur les mornes de la Grande-Terre. C’est aussi la période où l’on trouve le plus de choix pour une maison d’une ou deux semaines. Pour mesurer l’effet du calendrier, le plus parlant est de consulter une même location sur deux périodes, par exemple sur villaveo.com/fr : une semaine de mi-février et une semaine de mi-mars n’affichent pas forcément les mêmes disponibilités, ni le même tarif.
Mai, juin et le tout début de décembre
Mai et juin forment une fenêtre souvent négligée. Le carême se termine, l’humidité remonte et les premières grosses averses reviennent, mais la saison cyclonique, qui commence officiellement le 1er juin, est généralement calme dans ses premières semaines. On y gagne des plages plus tranquilles et une île qui reverdit.
Reste la question des sargasses, ces algues brunes qui s’échouent par vagues sur certaines côtes depuis 2011. Leurs arrivées sont difficiles à prévoir longtemps à l’avance et ont été plus fréquentes au printemps et en été ces dernières années, surtout sur les côtes exposées à l’est. Pour un séjour en mai ou en juin, une maison située à quelques minutes de plusieurs plages, sur des côtes différentes, évite de dépendre d’une seule anse.
Le 27 mai, jour férié en Guadeloupe, commémore l’abolition de l’esclavage de 1848 : une date à noter, car beaucoup de commerces ferment ce jour-là.
À l’autre bout de l’année, les deux ou trois premières semaines de décembre font office de transition. L’hivernage s’achève, les alizés reprennent, et les chanté Nwel, ces veillées de cantiques créoles qui précèdent Noël, s’installent dans les quartiers. L’affluence grimpe ensuite d’un coup avec les vacances de fin d’année.
Et l’hivernage, faut-il l’oser ?
De juillet à novembre, l’hivernage apporte une chaleur moite, des averses courtes mais violentes et, surtout, le risque cyclonique. La saison officielle court du 1er juin au 30 novembre, avec un pic statistique entre la mi-août et la mi-octobre. Le cyclone Hugo, en septembre 1989, reste dans toutes les mémoires en Guadeloupe. Une saison peut passer sans qu’aucun cyclone ne touche l’archipel, mais une seule alerte suffit à bouleverser une semaine : vols annulés, plages fermées, consignes de confinement données par la préfecture.
Hors alerte, la météo d’hivernage déroute surtout ceux qui ne la connaissent pas. Une journée type commence souvent sous le soleil, se couvre en début d’après-midi, lâche une averse tropicale d’une demi-heure, puis se dégage. L’air reste chaud et humide jusque tard le soir, et une chambre climatisée devient vite indispensable pour bien dormir.
Notre avis est assez tranché. Juillet et août sont de toute façon des mois de vacances scolaires et ne concernent pas ceux qui peuvent choisir. Septembre et octobre ne se tentent qu’avec des billets modifiables et une assurance annulation qui couvre explicitement les événements climatiques, en gardant une vraie marge de manœuvre sur les dates. Novembre est plus défendable : le risque diminue à l’approche de la fin de saison, l’île est d’un vert profond et, une fois passées les vacances de la Toussaint, l’affluence reste faible. Il pleut, mais souvent par averses franches suivies d’éclaircies.
Le calendrier de l’île compte aussi
On raisonne souvent avec le calendrier de l’Hexagone en oubliant celui de la Guadeloupe. Les jours gras, du dimanche gras au mercredi des Cendres, marquent l’apogée du carnaval : beaucoup de commerces ferment ou réduisent leurs horaires, et le mercredi soir, Vaval, le roi du carnaval, est brûlé dans une foule vêtue de noir et blanc. Le week-end de Pâques, de nombreuses familles guadeloupéennes campent sur les plages et préparent le matété de crabes. C’est un moment très vivant, mais ce n’est pas celui pour chercher une crique déserte.
Avant de fixer vos dates, regardez la date de Pâques de l’année visée. Le mercredi des Cendres tombe quarante-six jours plus tôt et marque la fin du carnaval. Selon que vous voulez vivre les jours gras ou les éviter, c’est cette date, plus que n’importe quelle moyenne climatique, qui doit décider de votre semaine de départ.
